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Dictées 3 ème - Correction des dictées

 

Dictée de niveau 3ème- Aide à la correction - Correction commentée

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Allocution radiotélévisée, 25 avril 1969, Charles de Gaulle.


[A la veille d'un référendum sur une réforme de l'État, Charles de Gaulle, Président de la République, s'adresse au peuple français.]
Françaises. Français, Vous, à qui si souvent j'ai parlé pour la France, sachez que votre réponse dimanche va engager son destin parce que d'abord il s'agit d'apporter à la structure de notre pays un changement très considérable.

[Début de la dictée]

C'est beaucoup de faire renaître nos anciennes provinces, aménagées à la moderne sous la forme de régions; de leur donner les moyens nécessaires pour que chacune règle ses propres affaires tout en jouant son rôle à elle dans notre ensemble national; d'en faire des centres l'initiative, l'activité, la vie s'épanouissent sur place. C'est beaucoup de réunir le Sénat et le Conseil économique et social en une seule assemblée, délibérant par priorité et publiquement de tous les projets de loi au lieu d'être - chacun de son côté -- réduits à des interventions obscures et accessoires. C'est beaucoup d'associer la représentation des activités productrices et des forces vives de notre peuple à toutes les mesures locales et législatives concernant son existence et son développement. Votre réponse va engager le destin de la France, parce que la réforme fait partie intégrante de la participation qu'exige désormais l'équilibre de la socié moderne. La refuser, c'est s'opposer dans un domaine essentiel à cette transformation sociale, morale, humaine, faute de laquelle nous irons à de désastreuses secousses. L'adopter, c'est faire un pas décisif sur le chemin qui doit nous mener au progrès dans l'ordre et dans la concorde, en modifiant profondément nos rapports entre Français. Votre réponse va engager le destin de la France, parce que, si je suis désavoué par une majori d'entre vous, solennellement,
sur ce sujet capital et quels que puissent être le nombre, l'ardeur et le dévouement de l'armée de ceux qui me soutiennent et qui, de toute façon, détiennent l'avenir de la patrie, ma tâche actuelle de chef de l'État deviendra évidemment impossible et je cesserai aussitôt d'exercer mes fonctions.

[Fin de la dictée]

Orthographe - Points d'attention

  • aménagées : double accord (féminin pluriel) avec "provinces", attention à l'accent aigu
  • règle : accent grave sur le "e" (verbe régler au subjonctif)
  • côté : accent circonflexe sur le "ô" et accent aigu sur le "é"
  • aussitôt : double "s" et accent circonflexe sur le "ô"

Grammaire & Conjugaison

  • C'est beaucoup de faire : construction avec infinitif introduit par "de"
  • aménagées : participe passé adjectif accordé au féminin pluriel avec "provinces"
  • leur donner : "leur" pronom personnel pluriel invariable (= à elles, les provinces)
  • règle : subjonctif présent introduit par "pour que"
  • en faire : "en" pronom remplaçant "nos anciennes provinces"
  • s'épanouissent : subjonctif présent après "pour que" sous-entendu
  • réunir, associer : infinitifs sujets de "C'est beaucoup de"
  • délibérant : participe présent à valeur d'adjectif
  • réduits : participe passé accordé au masculin pluriel avec "le Sénat et le Conseil"
  • va engager : futur proche
  • La refuser, c'est s'opposer : infinitif sujet et attribut
  • L'adopter, c'est faire : même construction
  • si je suis désavoué : système hypothétique avec "si" + indicatif présent
  • me soutiennent : indicatif présent, 3ème personne du pluriel
  • détiennent : même forme verbale, attention à l'orthographe "ien"
  • deviendra : futur simple, 3ème personne du singulier
  • je cesserai : futur simple, 1ère personne du singulier

Le temps principal

Le présent de l'indicatif est le temps dominant dans ce texte, complété par l'usage du futur simple.

Règle d'emploi : Le présent de l'indicatif est utilisé ici pour exprimer des vérités générales et des faits immédiats. Il permet au locuteur de donner une impression de certitude et d'immédiateté à son propos. Dans ce discours politique, il confère une force et une actualité aux arguments présentés.

Le futur simple ("va engager", "deviendra", "cesserai") est utilisé pour projeter les conséquences des choix présents, ce qui est typique du discours politique.

Exemples de présent : "C'est beaucoup", "exige", "nous irons", "me soutiennent", "détiennent".

Homophones potentiellement difficiles

  • c'est (beaucoup) : présentatif composé de "ce" + "est"
    Pourrait être confondu avec "s'est" (pronom réfléchi + auxiliaire être), "ces" (déterminant démonstratif pluriel), "ses" (déterminant possessif pluriel)
    Astuce : "c'est" peut être remplacé par "cela est"
  • leur (donner) : pronom personnel complément d'objet indirect pluriel
    Pourrait être confondu avec "leurs" (déterminant possessif pluriel)
    Astuce : "leur" devant un verbe est toujours invariable
  • tout en (jouant) : locution conjonctive exprimant la simultanéité
    Pourrait être confondu avec "tous en" (pronom indéfini + préposition)
    Astuce : "tout en" introduit une action simultanée
  • son (rôle) : déterminant possessif singulier
    Pourrait être confondu avec "sont" (verbe être, 3e personne du pluriel)
    Astuce : on peut remplacer "son" par "mon" ou "ton"
  • à elle (dans notre ensemble) : préposition + pronom personnel
    Pourrait être confondu avec "à aile"
    Astuce : vérifier si le pronom remplace bien un nom féminin singulier
  • ou (la vie s'épanouissent) : conjonction marquant l'alternative
    Pourrait être confondu avec "où" (pronom ou adverbe relatif de lieu)
    Astuce : "ou" peut être remplacé par "ou bien"
  • et (social, public) : conjonction de coordination
    Pourrait être confondu avec "est" (verbe être) ou "ai" (verbe avoir)
    Astuce : "et" relie deux mots ou propositions
  • ce (sujet capital) : déterminant démonstratif
    Pourrait être confondu avec "se" (pronom réfléchi)
    Astuce : "ce" est placé devant un nom

Ponctuation

Le texte présente une ponctuation riche et significative :

  • Usage fréquent du point-virgule pour séparer des propositions liées par le sens mais grammaticalement indépendantes
  • Tirets longs encadrant une incise ("-- chacun de son côté --")
  • Virgules délimitant des compléments circonstanciels ou des propositions
  • Deux-points introduisant des explications ou des conséquences
  • Virgules avant et après "solennellement" (mis en apposition)

Vocabulaire et expressions

  • faire renaître : ramener à la vie, redonner l'existence à quelque chose de disparu
  • aménagées à la moderne : organisées selon les conceptions actuelles
  • s'épanouissent : se développent pleinement, atteignent leur plein développement
  • délibérant par priorité : discutant en premier lieu, avant toute autre instance
  • réduits à des interventions obscures : limités à des actions peu visibles, sans importance
  • forces vives : éléments les plus actifs, les plus dynamiques
  • fait partie intégrante : constitue un élément essentiel, indissociable
  • désastreuses secousses : événements brutaux et catastrophiques
  • la concorde : harmonie, entente entre les personnes
  • désavoué : ne pas être approuvé, être rejeté
  • sujet capital : question d'une importance primordiale
  • l'ardeur : enthousiasme, vigueur dans l'action
  • le dévouement : don de soi, engagement total pour une cause
  • détiennent l'avenir : sont responsables du futur, le possèdent

Style et analyse

Le texte présente un style oratoire caractéristique d'un discours politique officiel, avec des phrases longues et complexes, une structure argumentative bien marquée (thèse-conséquences) et un ton solennel. On note:

  • L'anaphore "C'est beaucoup de..." qui structure le début du texte
  • Le parallélisme "La refuser, c'est..." / "L'adopter, c'est..." qui oppose clairement les deux choix
  • La répétition "Votre réponse va engager le destin de la France" qui encadre l'argumentation
  • Des termes et expressions à forte charge émotionnelle ("désastreuses secousses", "avenir de la patrie")
  • L'usage de la première personne ("je suis désavoué", "ma tâche", "je cesserai") qui engage personnellement l'orateur

Contexte littéraire

Ce texte est un extrait d'un discours solennel de Charles de Gaulle, probablement son allocution du 18 avril 1969 annonçant le référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Il s'inscrit dans le genre du discours politique avec une dimension référendaire, où l'orateur engage sa fonction sur le résultat de la consultation. Ce type de texte mêle argumentaire politique et appel à la responsabilité citoyenne.

Le texte se caractérise par une construction rigoureuse, un vocabulaire élevé et une certaine solennité qui sont typiques du style gaullien.

Anecdotes

  • Ce discours est probablement celui précédant le référendum du 27 avril 1969 que de Gaulle perdit, ce qui le conduisit effectivement à démissionner de la présidence de la République dès le lendemain, comme il l'avait annoncé dans ce texte.
  • L'expression "désastreuses secousses" fait écho aux événements de Mai 68 qui avaient ébranlé son pouvoir l'année précédente.
  • La décentralisation des pouvoirs et la régionalisation que de Gaulle proposait ne seront réellement mises en œuvre que bien plus tard, notamment avec les lois de décentralisation de 1982 sous la présidence de François Mitterrand.
  • Le style de ce discours, avec ses phrases longues et sa syntaxe complexe, est caractéristique de l'éloquence gaullienne qui tranche avec la communication politique plus directe et simplifiée d'aujourd'hui.


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Le téléchargement de la correction.

 

La correction commentée et expliquée de la dictée est ici (dictée à imprimer)

 

     
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